Risques de cancer de la peau

Écrit par les experts Ooreka

 

Le cancer de la peau présente des causes bien précises. Cependant, il existe également des facteurs de risque du cancer de la peau qui favorisent l'apparition des différents types de cancers de la peau : l'âge, l'exposition excessive aux UV, le type de peau... Malgré cela, même une personne ne possédant aucun facteur de risque peut toujours développer un cancer de la peau. La prévention reste donc la meilleure des armes.

L'âge : un facteur de risque de cancer de la peau

L'âge fait partie des facteurs de risque des cancers. C'est donc logiquement que ce risque arrive en tête des cancers de la peau dus à des carcinomes. Associé à l'âge, le sexe peut également influencer la survenue d'un carcinome :

Les carcinomes basocellulaires apparaissent essentiellement après 50 ans surtout chez les hommes. Lorsqu'ils touchent les personnes plus jeunes, on remarque que ce sont plutôt des femmes.

Les carcinomes épidermoïdes touchent autant les hommes que les femmes jusqu'à la cinquantaine. Au-delà de cet âge, les hommes sont les plus concernés.

La surexposition au soleil, facteur de risque principal

La principale cause des cancers de la peau est l'exposition excessive au rayonnement ultraviolet (UV) émanant du Soleil ou des cabines de bronzage. Mais on peut classer également cet argument dans les facteurs de risque. On remarque, en effet, les éléments suivants :

  • Chez des sujets prédisposés, des expositions solaires aiguës, intermittentes, mais répétées favorisent l'apparition de carcinomes basocellulaires.
  • En cas d'exposition solaire excessive, les UV agressent et endommagent les cellules de la peau.
  • Enfin, les personnes qui exercent des métiers en extérieur (agriculteurs, maçons, couvreurs, etc.) présentent plus de risques que les autres. Il en va de même pour ceux qui travaillent en altitude ou dans des régions très ensoleillées.

Toutefois, paradoxalement, on recense trois fois plus de mélanomes en Bretagne qu'en région Occitanie. Cela s'explique d'une part par le phototype généralement plus clair des Bretons, d'autre part parce que ces derniers se protègent moins du soleil (qui est moins ressenti en raison des nuages et du vent) alors qu'il est aussi intense sur les rives de l'Atlantique que sur celles de la Méditerranée. Les carcinomes (qu'ils soient basocellulaires ou épidermoïdes) sont également plus fréquents dans cette région.

Par ailleurs, le risque de développer un mélanome une fois devenu adulte est particulièrement grand en cas de surexposition au soleil au cours de l'enfance, plus particulièrement lorsque les expositions sont intermittentes, mais intenses et qu'elles engendrent des coups de soleil. Ce phénomène serait dû au fait que la peau des plus jeunes, qui est mince et dont le système pigmentaire est encore immature, n'est pas capable de se défendre très efficacement face aux UV.

Bon à savoir : les cabines de bronzage qui diffusent des ultraviolets artificiels exposent également à des risques augmentés de développer un mélanome et, pour cela, sont interdites aux personnes âgées de moins de 18 ans à la peau particulièrement fragile.

Types de peau à risque pour le cancer de la peau

Certains types de peau (aussi appelés phototypes) présentent plus de risques que d'autres de développer un cancer de la peau, et plus précisément un mélanome ou un carcinome épidermoïde.

Les personnes les plus exposées sont celles qui ont des cheveux et des yeux clairs et une peau blanche, c'est-à-dire celles qui produisent moins de mélanine que les autres. En effet, ces personnes sont généralement :

  • sujettes aux coups de soleil ;
  • confrontées à des difficultés à bronzer ;
  • davantage sensibles aux agressions des UV.

Pour plus de précision, on distingue 6 phototypes différents :

Phototype I

Personnes ayant une peau très blanche, des cheveux roux ou blonds (albinos inclus), des yeux bleus ou verts ; pouvant ou non présenter des taches de rousseur. Ces personnes ne parviennent pas à bronzer (la peau rougit plus qu'elle ne fonce) et sont donc très sujettes aux coups de soleil.

Bon à savoir : même si elles ne sont pas rousses, les personnes possédant le gène de la rousseur présentent un risque de mutations favorisant les mélanomes plus élevé que les autres (un surrisque équivalent à 21 ans d'exposition au soleil supplémentaires).

Phototype II

Personnes ayant une peau claire, des cheveux blonds tendant vers le châtain et des yeux allant de clairs à bruns, avec des taches de rousseur ou non. Ces personnes sont souvent sujettes aux coups de soleil, la peau ne bronzant que très lentement.

Phototype III

Personnes ayant une peau de coloration intermédiaire, leurs yeux et leurs cheveux étant plutôt bruns. Les coups de soleil surviennent occasionnellement, en cas de mauvaise protection. Le bronzage est progressif.

Phototype IV

Personnes ayant une peau mate et des cheveux et des yeux brun foncé et plutôt noirs. Les coups de soleil ne surviennent qu'en cas de surexposition, la peau ayant un bronzage relativement rapide et efficace.

Phototype V

Personnes ayant une peau très foncée et des yeux et des cheveux noirs. Chez ces personnes, les coups de soleil sont rares, la peau étant très rapidement bronzée.

Phototype VI

Chez ces personnes, la peau est noire, tout comme les cheveux et les yeux. Les coups de soleil restent exceptionnels.

Conclusion

À partir de ce classement, on peut dégager les remarques suivantes :

  • Ce sont les personnes qui appartiennent aux deux premiers phototypes qui présentent les risques les plus élevés de développer un mélanome.
  • Même si les risques sont inférieurs, les personnes des derniers phototypes peuvent elles aussi être touchées par des cancers de la peau, notamment ceux qui ne sont pas directement associés au rayonnement UV comme le mélanome acro-lentigineux.

Présence élevée de grains de beauté

Le fait de présenter de nombreux grains de beauté sur toute la surface du corps constitue un autre facteur de risque du cancer de la peau :

  • Le risque est multiplié par 4 lorsque les grains de beauté sont plus d'une cinquantaine et mesurent plus de 2 mm de diamètre.
  • Le risque augmente également si plus de deux nævi (terme médical des grains de beauté) sont atypiques (dits « dysplasiques ») : diamètre supérieur à 6 mm, forme et bords irréguliers, multicolores avec des teintes brunes.

Il est donc primordial de ne pas négliger un contrôle régulier (annuel pour les peaux claires) chez son dermatologue qui saura détecter les grains de beauté anormaux. Généralement, les nævi très atypiques sont retirés par mesure de précaution.

L'hérédité augmente les risques de cancer de la peau

L'hérédité et les antécédents familiaux figurent parmi les facteurs de risques du cancer de la peau. En effet, on constate que :

  • Au sein d'une même famille, le danger de présenter un mélanome augmente avec le nombre de parents en ayant développé un. On estime ainsi que près de 10 % des mélanomes surviennent dans un contexte familial.
  • Par ailleurs, tous les types de risques de cancers de la peau présentent une hausse de 15 % en cas d'antécédents familiaux.
  • Le risque augmente encore lorsque 2 parents proches (parents, frères et sœurs ou enfants) ont été victimes d'un mélanome. Dans ce cas, le cancer se déclare plus tôt et les risques de mélanomes multiples sont augmentés.

Bon à savoir : les gènes CDKN2A (ou P16) et CDK4 prédisposeraient au mélanome ; chez 30 % des patients ayant des antécédents familiaux de mélanome, on retrouve une mutation de ces gènes.

Antécédents personnels de cancers de la peau

Le fait d'avoir déjà été victime d'un cancer de la peau (sauf un mélanome) augmente le risque d'en développer un autre, souvent sous la forme d'un mélanome. Ces récidives de cancer de la peau peuvent survenir :

  • soit dans la même zone ;
  • soit à distance de la première atteinte.

Il est par conséquent essentiel d'effectuer un suivi régulier auprès de son médecin spécialiste.

Facteurs de risque secondaires du cancer de la peau

Certains facteurs de risque, de moindre importance, peuvent néanmoins entrer en ligne de compte et sont à connaître :

  • Les traitements immunosuppresseurs,utilisés en cas de greffe d'organe par exemple, vont faire chuter les défenses immunitaires. De ce fait, les personnes qui prennent ce type de traitement présentent davantage de risques de développer des cancers, y compris des mélanomes. De manière générale, le risque est identique chez toutes les personnes dont le système immunitaire est affaibli quelle qu'en soit la cause.
  • Les traitements de radiothérapie (ou encore la chimiothérapie et la puvathérapie, où le psoralène rend la peau plus sensible aux rayons UVA) réalisés dans le cadre du traitement d'autres cancers augmentent les risques de cancer de la peau au niveau de la zone qui est traitée. Le cancer cutané peut survenir jusqu'à 20 ans plus tard.
  • Par ailleurs, tous les traitements photosensibilisants, qui fragilisent la peau face aux rayons solaires, accroissent les risques de cancer de la peau. Ce sera par exemple le cas :
    • des antihistaminiques ;
    • de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
    • de pilules contraceptives ;
    • d'antibiotiques ;
    • de diurétiques ;
    • d'antidépresseurs, etc.
  • Les personnes qui souffrent de xeroderma pigmentosum, une maladie héréditaire rare, présentent davantage de risques de développer un mélanome ou un carcinome du fait de :
    • leur hypersensibilité aux UV ;
    • leur incapacité à régénérer l'ADN des cellules lorsqu'il est endommagé.
  • Dans le même ordre d'idée, la nævomatose basocellulaire (ou syndrome de Gorlin ou encore, carcinomatose basocellulaire) est un trouble héréditaire rare qui favorise la survenue des carcinomes basocellulaires.
  • Le fait d'être exposé à l'arsenic est un autre facteur de risque moins connu, mais hautement cancérigène. Le danger est particulièrement élevé :
    • pour les personnes amenées à fabriquer et à répandre des pesticides et des insecticides contenant cette substance ;
    • pour celles qui consomment une eau potable fortement chargée en arsenic.
  • Enfin, certaines souches du papillomavirus (VPH) pourraient favoriser la survenue de carcinomes épidermoïdes dans la zone génitale.

Pour aller plus loin



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